















Après ces quelques pièces hors série, voici quelques-uns de mes ‘cyclopes‘, ainsi nommés car ils ont tous un ‘œil’ ou un ‘jour’ autour duquel se déploie un ciel étoilé : conçus dans une terre noire contenant des grains de chamotte blancs et montés à la plaque, les pièces ne sont pas émaillées, mais leur polissage permet de révéler les grains de chamotte comme si des galaxies émergeaient sans bruit de la nuit noire. Comme par ailleurs, les tranches restent très rugueuses, cela leur confère une dimension haptique très particulière qui enrichit la perception formelle de ces sculptures : leur toucher soyeux contraste avec le caractère très minéral de leur aspect visuel. Pour certains d’entre elles, les faces lisses ont été très finement engobées de porcelaine, comme si un léger voile nuageux masquait en partie la voûte céleste. Et l’une d’elles a reçu un émail blanc avant sa cuisson en mode ‘Raku’.








Une autre série est celle que j’ai baptisée ‘menhirs écorchés‘, car pour leur élaboration, je pars d’un bloc d’argile plein et massif, dont la forme brute est ensuite écorchée par l’évidement progressif de multiples alvéoles. Le grès utilisé étant sensiblement ferrugineux, j’obtiens un effet de rouille grâce à un émail blanc qui, surtout en faible épaisseur comme sur les bords extérieurs, révèle l’oxyde de fer présent dans l’argile. Une exception cependant : le menhir le plus sombre sort d’une cuisson anagama chez Michel Cohen; ici pas d’émaillage intentionnel, seulement le dépôt de cendres au gré des caprices du feu.














